L’affirmation de la philosophie oscille toujours entre sa mort et sa survie, son excès et sa rareté, son pluriel et sa singularité, sa médiatisation et son absolutisation, comme si elle ne savait exister que dans l’enclos de ces dualités harassantes ? Les rares nouvelles propositions qui apparaissent sont encore des répétitions et des défenses doctrinales de positions. Philo-fictions prend le risque d’une autre ambition, la déclare sans ignorer sa difficulté de réalisation, placer la philosophie sous la triple condition de l’invention, de la découverte et même du pari. Ici encore il faut, pour les déréglementations et les utopies auxquelles nous aspirons, des principes nécessaires d’ordre, des règles, une nouvelle conception de la création et du déplacement des paramètres.

Sous le titre de non-philosophie, d’anti-philosophie, de sans-philosophie, voire de popphilosophie, certaines de leurs conditions négatives ont été déjà fixées, certains de leurs codes les plus lourds identifiés, certaines tentatives ont été faites. Il reste à qui le voudra à proposer de nouvelles décisions. Il ne s’agit pas nécessairement de nouvelles grandes philosophies à visée hégémonique, mais au moins de textes qui pourraient être dits globalement « non-standard ».

Par définition nous ne savons ce que nous pouvons attendre de nous-mêmes.

François Laruelle